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Ces quelques lignes représentent un essai... ouvert à la critique, mais j'aimerais beaucoup que les critiques soient effectuées par des littéraires, dumoins par des personnes ayant gout en la matière et qui pourront m'apporter des conseils constructifs. Donc, si vous vous sentez le coeur d'un critique, n'hésitez pas, je vous en remercie d'avance !

A l'époque dont nous parlons ici, les océans n'étaient alors connus que de ceux qui vivaient sur les bords du monde. La mer sans fin était un mythe, une légende, pour la plupart des habitants de la Terre, qui ne pouvaient guère voyager trop loin de chez eux. Certaines contrées cependant, connaissaient de vertes vallées, des lacs gorgés de poissons à la surface desquels l'eau étincelante épousait la lumière du soleil, des forets denses et sombres où couraient en liberté cerfs, biches, renards, loups, chevreuils. Par endroits on pouvait se reposer dans l'herbe verte d'une clairière et boire l'eau fraîche d'une source pure et cristalline, en contemplant le ciel d'un bleu d'azur parfait. Quelques nuages blancs, comme des rubans dans le ciel, étaient poussés par un vent paisible qui jamais ne soufflait trop fort. Le vent, porteur de pollens, fertilisait la terre au rythme immuable de la nature et la rendait féconde pour les hommes et les animaux. Les hommes de ces terres ne connaissaient pas la haine, ils ne connaissaient pas la fièvre du pouvoir, ils ne connaissaient pas le mal. C'était la terre des Wobbies.

C'était un peuple plus que paisible, mais ce n'était pas un peuple d'hommes. Les Wobbies vivaient de choses fort simples. Grands adorateurs de la nature, ils étaient de taille moyenne, ne dépassant que très rarement un mètre vingt. Leur esprit ne manquait pas de vivacité et on ne leur connaissait pas d'ennemis dans la région. Ils étaient pacifiques et vivaient en harmonie avec la nature. Par dessus tout, les Wobbies aimaient faire la fête. En général, on s'amusait bien en leur compagnie et l'ambiance lors de ces fréquentes manifestations, était très familiale. Au moins une fois chaque semaine, un évènement était prétexte à faire la fête. On voyait alors les Wobbies attablés sous les branches de l'arbre millénaire qui vivait en bordure du lac, buvant de grandes pintes de bière brune L'arbre millénaire, c'était pour eux un symbole de vie, de longue vie. En effet, les Woobies étaient plus que centenaires. L'arbre millénaire, majestueux, était planté là, au beau millieu de la clairière, en lisée de la foret. Son tronc était si imposant qu'on aurait pu y construire une maison, ses branches si hautes et longues qu'elles offraient de l'ombre à une centaine de personnes en même temps. Arbre de légende, il avait surement une histoire, une vie. Mais les Woobies, bien que respectant énormément leur arbre, étaient occupés ce soir à faire la fête. Ils se régalaient des plats que les femmes leur avaient préparés pour l'évènement. Un de leurs plats favoris, le lièvre à la moutarde, était un vrai délice que l'on ne préparait que pour les grandes occasions. Dans la vie de tous les jours, les Wobbies se nourrissaient essentiellement de légumes et d'herbes de leurs jardins. Bien qu'une exploitation agricole existait dans le village pour subvenir aux besoins de tous, chaque famille aimait par dessus tout cultiver son petit potager et en déguster le fruit.



Le village de Kentikbird, puisque c'était son nom, était bâti sur une colline verdoyante exposée plein sud. En contrebas, un lac s'étendait à perte de vue sur une quinzaine de kilomètres. Sur le versant nord de la colline, Une vaste foret aux arbres épais et inquiétants barrait l'accès à quiconque aurait voulut s'aventurer un peu trop près du village. Cette foret représentait surtout pour les Wobbies une manne importante. Ils y cueillaient des baies, des champignons, relevaient de temps en temps quelques collets dans lesquels de petits animaux étaient restés prisonniers. Un peu plus en profondeur dans la foret, on rencontrait le temple d'Almataron dans lequel les Wobbies se recueillaient une fois tous les vingt huit jours, lors de la nouvelle lune. Les cérémonies qui se déroulaient étaient impressionnantes. Les soirs de pleine lune les Wobbies vêtus d'habits blancs se rassemblaient et écoutaient religieusement les prières du grand prêtre Maknuty. C'était un monde féérique, comme baigné de la bénédiction des dieux, tout y était repos, calme et l'invitation à la détente était permanente. Mais le monde n'était pas que ce petit coin de paradis perdu sur les bords d'une foret. Au loin, à une cinquantaine de kilomètres, le ciel était toujours sombe, fardé de noir et de gris. On s'approchait alors de la montagne interdite qui barrait le passage aux Wobbies, peuple constitué de sédentaires qui ne s'éloignaient que fort peu des frontières de leur région.

De l'autre coté de la montagne interdite, c'était l'enfer, le domaine des volcans en éruption permanente, crachant en permanence une lave sulfureuse, ardente comme un soleil qui d'ailleurs, ne brillait jamais sur ces terres de désolation dont on disait qu'aucun n'avait jamais osé s'y aventurer. La terre située de l'autre coté de la montagne interdite était peuplée de bien des êtres étranges. Les orques, sortes de monstres sanguinaires n'obéissant qu'à un seul mot d'ordre, la destruction, régnaient sur la terre de bas, une terre où jamais le soleil ne se levait, tellement l'atmosphère était chargée de nuages noirs. Les orques étaient énormes, mesurant en moyenne deux mètres vingt, leur musculature était impressionnante mais leur esprit semblait les avoir quittés à la naissance. Les seuls mots de leur vocabulaire étaient très basiques: tuer, manger, boire, dormir... Mais pour les Woobies, ce n'était que légendes, le dernier orque rencontré, c'était il y a mille cinq cents ans et encore, on n'en était plus très sur.

Encore plus loin, les nains, mineurs des profondeurs, vivaient retirés dans les montagnes qu'ils ne quittaient pour ainsi dire jamais. Bien qu'étant vaillants à la guerre, ils avaient préféré depuis longtemps les richesses de la terre et restaient maintenant sous les montagnes, armés de pioches, de pelles et de marteaux, à creuser dans les mines sans fonds. De petite taille, ils ne dépassaient pas un mètre de hauteur. C'étaient des êtres bougons, râleurs mais travailleurs. Malgré ce qu'on aurait pu en di, les nains étaient pacifiques, on en rencontrait parfois dans le comté de Kentikbird. Comme ils n'étaient pas les derniers quand il s'agissait de faire la fête, ils s'entendaient bien avec les Woobies et on dit même que leur petite taille était un point commun qui les rassemblait !


Loin, très loin par delà les hauts nuages, vivaient les magiciens. Au tout commencement, ils régnaient sur la Terre. Là-haut sur les montagnes, là où seuls les aigles pouvaient les emmener. Tous les cinq cents ans environ, le doyen des cinq magiciens disparaissait, emporté par la vieillesse. Il restait alors dans le palais avec les deux  plus jeunes, afin de parfaire leur éducation, alors que les deux autre magiciens partaient sur la terre pour un périble de plus de quinze longues années, au bout duquel ils devaient trouver l'élu. L'élu était un nouveau né doté de povoirs particuliers comme il en venait un au monde à chaque fois que le doyen était proche de la mort. La lignée des magiciens ne pouvait être rompue, il devait toujours y en avoir cinq sinon, comme disait la prophétie, la terre serait plngée dans un chaos perpetuel. Une fois que le néophyte était trouvé, il était ramené sur la montagne des magiciens, présenté au doyen et, dès l'age de trois ans, il redescendait sur terre à Golbolah.

Dans la ville de Golbolah, les descendants immortels de Thorodemir, roi ancestral des elfes, avaient bâti le temple, l'école où les magiciens étaient formés à tous les pouvoirs. Pouvoirs du bien, placés sous la surveillance de l'étoile Almataron, pouvoirs du mal, placés sous la surveillance de la planète Mastrokh, la planète rouge que l'on pouvait observer en permanence dans le ciel. Golbolah était une cité magnifique, bâtie sur les contreforts d'une petite montagne, la mer baignait ses pieds. Dans ce lieu, tout était quiétude et Thorodemir, leur roi, veillait à la sérénité de ses hôtes et de ses descendants. Les elfes étaient de grande taille, ils atteignaient parfois un mètre quatre vingt dix. Leurs cheveux étaient blonds, longs et fins. Leurs yeux d'un bleu très pur donnait à leur regard des vertues apaisantes. C'étaient des êtres très raffinés, évoluant la plupart du temps dans le silence, ne prenant la parole que quand cela était vraiment nécessaire. Bien des elfes avaient des pouvoirs, dont celui de voir l'avenir. Ils étaient très souples, vaillants sportifs bien que de constitution très fine. Par dessus tout, les elfes avaient reçu un don à la naissance, celui de l'immoralité. Pour eux, la vie pouvait durer des dizaines de milliers d'années. Évidemment, ils pouvaient mourir de mort violente, si une arme ennemie dressée contre eux venait à les atteindre. Mais les elfes n'étant pas belliqueux et vivant en paix avec ceux qui les entouraient, ils n'avaient cure des guerres. Souvent, on venait chez eux pour y passer un petit séjour loin du monde et de sa folie, on vivait alors retiré, ne pensant plus aux orques, aux nains, ni à l'astre rouge, Mastrokh, dont les rayons n'éclairaient pas le pays des elfes. Ce petit paradis secret, connu des seuls elfes ainsi que des initiés qui avaient la chance de parvenir à eux, était un havre de paix dont la préservation avait un prix : le secret.

A Kentikbird, la soirée était déjà bien avancée, la fète battait son plein, on dansait, on riait. Beaucoup buvaient, attablés entre eux, paisibles, heureux, hilares parfois. L'alcool commençait à faire son opération. Les langues se déliaient, on chantait partout à tue-tête.



C'est alors que le mage monta sur l'estrade. Comme il levait les bras vers le ciel, tenant fermement son baton dans la main droite, tout ce petit peuple attablé se retourna et écouta ce que le prédicateur pouvait encore avoir à faire comme prédiction. Imothark avait bien des dons. Ce n'était pas un magicien, plutôt un enchanteur. Il était plus grand que la moyenne de ses semblables et portait une longue barbe grise dans laquelle les cheveux s'emmêlaient. C'était déjà le soir et la nuit avait entièrement recouvert le comté. Soudain, Imothark tapa violemment sur l'estrade avec son bâton et une lumière bleue monta vers le ciel, puis redescendit, recouvrant le petit peuple d'une lumière aussi brillante que celle du soleil au zénith. A cette vue, les Woobies levèrent les yeux au ciel, pleins d'émerveillement. On entendit dans la foule amassée de grands "Oh !" auxquels succédaient des "Bravo !" . Sous la lumière rougeoyante d'Almataron mélangée au bleu étincelant provoqué par Imothark, les Woobies étaient emportés par l'ivresse du moment présent.
Soudain, la voix du mage retentit si fort dans la nuit que tout le monde se tut.

-- Peuple de Kentikbird, je voudrais m'adresser à vous ce soir !

La voix semblait sortie d'outre-tombe, elle portait si loin que les animaux de la foret se turent d'un seul coup, comme si une explosion avait retenti dans les parages.  Le mage regarda ses amis et prit la parole. Son visage était grave, quelque chose n'allait pas, on n'avait jamais vu Imothark afficher un tel visage et, dans la foule, on était inquiets.

-- Mes amis, l'heure est grave.

Tous les Woobies se tournèrent d'un seul coup vers le mage. Chacun avait laissé tomber sa chopine, son pilon de viande, son morceau de pain. Imothark avait été absent de longues semaines et depuis son retour, quelque chose le tourmentait. Il veillait souvent très tard dans son laboratoire, dans son bureau et ne dormait que très peu depuis son retour. Le mage, toujours figé sur son piédestal, observa une dernière fois la foile avant de reprendre la parole.

C'est alors que l'ancien, qu'on appelait le maire, s'approcha rapidement, montant sur la scène où se trouvait le mage. Son visage était tel un parchemin, les traits tirés, ses cheveux blancs retombaient en grosses boucles le long de son visage et il avait un air profondément gentil.

-- Imothark, par pitié, ne dites rien aux Woobies, ils seraient trop effrayés d'entendre la vérité
-- Mais, Imbis, je ne peux garder ce secret, ce serait criminel !
--Vous le devez, pour le bien de notre communauté !

S'adressant finalement au village rassemblé, le mage repris la parole.

-- Mes amis, je viens d'apprendre que...

Le mensonge le rongeait, il ne pourrait pas supporter de mentir à ses amis, à ses voisins, ses cousins. Il croisa une nouvelle fois le regard d'Imbis, qui se faisait de plus en plus suppliant.

-- Je viens d'apprendre que des fonctions spéciales vont m'appeler à quitter le village avec quelques-uns d'entre vous, en effet, nos frontières ont besoin d'être contrôlées. Les hommes, chez qui j'ai séjourné ces derniers jours dans le comté d'Osbourg, m'ont déclaré qu'ils avaient aperçu des déplacements d'orques loin par delà la vallée des lacs.

-- Imotark, il suffit maintenant ! reprit Imbis.

Dans la foule assemblée au pied de l'estrade, la panique commençait à gonfler, saisissant chacun, on échangeait déjà des rumeurs, tous ces gens se livraient à une joute verbale dont le thème était, évidemment, les orques. D'aucuns juraient qu'ils en avaient déjà vu, d'autres que c'étaient leurs ancêtres qui en avaient exterminé. Bien sur, malheureusement peut-être, personne n'avait déjà croisé un orque de sa vie. Cependant, le village gardait le souvenir du passage de certains d'entre eux, il suffisait pour cela de se rendre à la bibliothèque et de consulter les archives de Kentikbird et on voyait, en parcourant les grands textes sur parchemins, que les orques avaient déjà presque dévasté le village, il y a de cela plus de mille cinq cents ans. Ne voulant pas laisser la panique gagner le village, Imotark descendit parmi ses amis et tenta de les rassurer.


-- Mes chers amis, mes chers amis !

Les Woobies n'entendaient plus leur mage, cédant à l'hystérie collective. Tapant le sol de son baton, il fit éclater une boule de feu à ses pieds qui ne tarda pas à faire revenir le calme parmi la petite assemblé.

-- Mes amis, soyez sans crainte, les orques dont je vous parle ont été aperçus à plus de cent vingt kilomètres de nos frontières. Ils ne semblaient pas belliqueux mais ils se déplaçaient de jour, formant un petit groupe d'une dizaine d'individus.

En effet, l'évènement n'était pas si dramatique. Une dizaine d'orques à des jours de marche de là. Et quoi ? Allait-on céder à la panique ? Le village de Kentikbird, quoi qu'il en soit, était suffisamment armé pour résister à la colère d'une dizaine d'orques quand bien même ceux-ci viendraient à s'en prendre aux Woobies. Non, ce cas de figure était complètement improbable. Le seul élément qui ennuyait Imotark, c'était qu'on ait observé les orques pendant la journée. En général ceux-ci ne se déplaçaient que de nuit car ils ne supportent pas la lumière du jour. Tel des vampires, la vue du soleil sème la panique dans leurs rangs. Allait-on avoir affaire à une nouvelle race d'orques capables de se déplacer de jour ?

Vendredi 11 juillet 2008
par Fantomas ajouter un commentaire recommander

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Jeudi 3 juillet 2008
par Fantomas ajouter un commentaire recommander

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